Julien Félix : Journaliste freelance au Maroc
J’ai rencontré Julien Félix alors qu’il préparait un dossier sur les entrepreneurs français installés au Maroc. Son parcours m’a semblé intéressant. Il est représentatif de certains jeunes français qui viennent travailler au Maroc et qui profitent des opportunités qu’offrent un pays émergeant, proche de la France (*). Réticent à parler de lui, nous avons choisi d’inverser les rôles : c’est moi qui joue aujourd’hui l’interviewer.
Agé de 26 ans, il collabore de manière régulière comme journaliste freelance (pigiste) avec l’Express, Ouest France, Challenges et depuis quelque temps pour jeune Afrique. Son arrivée ici n’est pas le fruit du hasard. L’idée de travailler à l’étranger date de ses études de journalisme.
Après avoir collaboré à Ouest France comme secrétaire de rédaction, son CDD se terminant il s’est retrouvé au chômage. L’occasion d’étudier sérieusement une délocalisation. Le choix du Maroc est tout a fait rationnel. Il recherchait un pays avec un niveau de vie lui permettant de vivre de ses piges, dont il comprenait la langue et avec une actualité susceptible d’intéresser régulièrement les rédactions françaises. Il cherchait de préférence un pays du sud. C’est comme ça qu’il a débarqué à Casablanca en octobre 2006, il y en un an.
Economiquement, « c’est pas grandiose », mais ça marche pas mal. Il gagne 1.000 euros en moyenne, un peu moins qu’en France (quoi que certains de ses amis journalistes ont du mal à trouver du travail). Certes le coût de la vie est élevé à Casablanca mais on peut vivre correctement avec 10.000 dh. Sa copine l’a rejoint récemment et a pu trouver facilement un travail. A deux, ils peuvent assumer le loyer d’un deux pièces.
Il a l’occasion de faire ici des choses gratifiantes : collaborer régulièrement pour des magazines connus, travailler sur des sujets variés, ce qu’il n’aurait pas pu faire en restant en France.
Son regard sur la presse au Maroc ? Comparée à la presse du Maghreb, la presse marocaine est vraiment riche, avec des titres indépendants qui peuvent se « permettre des choses ». Un manque de moyens certain, car il n’est pas facile de sortir un journal toutes les semaines avec moins de 20 journalistes, comparés à des rédactions en France qui emploient facilement une centaine de permanents et de correspondants. Manque aussi de compétence, du à un manque de formations adaptées.
Son principal problème pour exercer son métier est de trouver des sources d’information. Elles sont ici moins formalisées et diversifiées qu’en France. Exemple : en l’absence de sources syndicales, il est plus laborieux de traiter des dossiers touchant aux entreprises. Cela lui a pris du temps pour se constituer un carnet d’adresses, indispensable pour pouvoir travailler. Comme journaliste travaillant pour des magazines étrangers, il jouit d’une grande liberté. Il n’a pas connu de problèmes de censures, juste éviter quelques rares sujets sensibles.
Sa vie quotidienne au Maroc ? Si « Casablanca est une ville fatigante, on peut facilement s’organiser un week-end dans des endroits splendides pour pas cher. Il faut savoir sortir de la ville pour décompresser, sinon on devient vite fou ». Content de revenir en France mais aussi et heureux de revenir dans le pays où il demeure et ou il vit des choses intéressantes. Il est là pour au moins encore un an, peut être plus. Au-delà il ne sait pas. Pour l’instant il « s’éclate ». Peut être ensuite un autre pays, en profitant de son expérience et de ses contacts.
Pour contacter Julien : ses coordonnées.
(*) Lire à ce sujet les articles suivants :
- Freelance en France installé au Maroc …
- Opportunités de travail pour de jeunes français au Maroc
Pour ceux qui sont intéressé l’intégralité de l’interview audio est accessible ici :
Interview Julien Félix / Première partie
Interview Julien Félix / Deuxieme partie
Installé à Casablanca je dirige Casavisa (www.casavisa.com) une agence immobilière à destination des professionnels. Vous pouvez aussi consulter la rubrique Immobilier Casablanca sur mon blog.
Tous les articles écrits par Laurent Bervas.

